Blogue du maire

Voir la biographie de Cyrille Simard, maire d'Edmundston

 

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Notre pont est beaucoup plus qu'un simple pont

On peut se réjouir d’une chose. Dans la vallée du fleuve Saint-Jean, nous voulons bâtir un pont plutôt que de bâtir un mur entre deux communautés qui n’en forment qu’une à bien des égards.

Mais cela ne veut pas dire qu’un projet de pont international ne présente aucun défi.

Photo Daniel Aucoin

C’est la raison pour laquelle les élu.e.s de Madawaska et d’Edmundston continuent d’exprimer haut et fort les besoins, les désirs et les aspirations de leur communauté respective aux autorités canadiennes et américaines impliquées dans ce projet.

On ne bâtit pas un pont international souvent. L’actuel est là depuis presque 100 ans. Le nouveau sera là pour aussi longtemps. Faut pas manquer notre coup!

La position commune de Madawaska et Edmundston est simple. Nous voulons un pont qui garde nos deux communautés soudées. Un pont qui facilite les échanges et le transport sous toutes ses formes entre nous. Pour cette raison, personne n’acceptera un pont qui soit situé à l’extérieur des limites de nos municipalités.

Nous voulons un pont qui nous aide à régler le problème du transport lourd dans nos centres-villes respectifs. Un pont n’est pas la solution complète, mais c’est un élément important. Du côté canadien, le projet du nouveau pont doit toutefois être jumelé à une route de contournement pour réussir à régler le problème au complet. La raison est claire. On peut parler du peu de développement dans notre centre-ville, mais tant et aussi longtemps que 1000 camions lourds y circuleront à tous les jours, notre centre-ville ne pourra fleurir.

Nous voulons un pont dont l’apparence et l’allure seront distinctives dans le paysage, dans le cœur et dans l’esprit des gens. Un pont qui crée les conditions d’un nouveau départ et de nouvelles opportunités. Franchissement d’un fleuve majestueux, lien intime entre deux communautés unies par l’histoire, l’économie et la culture, ce pont représente une opportunité unique de se mettre en valeur auprès des gens qui viendront nous découvrir.

Mais des défis se dressent devant nous. Il ne faudra ménager aucun effort pour les relever.

Le peu temps pour réagir est le premier défi. C’est sans doute le plus important aussi. La condition du pont actuel impose une contrainte de temps majeure. Cela oblige tout le monde à bouger plus rapidement que prévu. Nous n’osons pas imaginer l’impact d’une fermeture complète du pont actuel si son état se détériorait davantage d’ici à ce que nous ayons un nouveau pont.

La position de certains représentants du gouvernement fédéral canadien voulant maintenir l’édifice des services frontaliers actuels à l’endroit où il est présentement est un autre défi. Nous ne savons pas encore qui parle en notre nom ni de quelle autorité ces gens pensent pouvoir parler en notre nom. Mais nous le saurons bientôt et des questions devront être répondues. Les services frontaliers sont situés là où ils sont parce que le pont actuel est là. Pourquoi un nouveau pont devrait obligatoirement aboutir au même endroit ? Poser la question ainsi c’est un peu y répondre.

Se dressent aussi des défis sur les plans environnemental, financier, technique et bien d’autres aspects encore. Sans compter le nombre important d’agences gouvernementales canadiennes et américaines qui doivent donner leur accord à une option finale. Sinon rien ne bougera.

C’est un dossier complexe sur lequel nos communautés locales n’ont pas le plein contrôle. C’est clair. Mais ce qui est encore plus clair… c’est que NOTRE pont est beaucoup plus qu’un pont. Et ça, nous le ferons entendre sur toutes les tribunes possibles et imaginables. C’est notre responsabilité. Ce sont nos aspirations. C’est notre vision des choses.

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Joyeuses fêtes de nous tous et toutes!

  • Écrit par Cyrille Simard
  • Publié le 20 décembre 2017

Au nom de mes collègues du conseil municipal et du personnel municipal, je vous souhaite de très Joyeuses Fêtes et une Nouvelle Année remplie de santé, de réjouissances et de belles rencontres! Que l'année 2018 nous démontre encore une fois qu'Edmundston et sa population sont fortes de nature!

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Ti-Jean et Grand Jean

  • Écrit par Cyrille Simard
  • Publié le 31 octobre 2017

Une communauté, ça implique toujours une variété de personnes. Des croyances, des opinions, des capacités et des parcours différents s’y croisent et s’y rencontrent. En même temps, ces personnes ont aussi plusieurs éléments en commun qui les rassemblent. Ça procure un sentiment de cohésion et de solidarité. C’est impressionnant de voir à quel point cet équilibre entre la variété et l’unité opère.

Cette fin de semaine, le lancement des activités au Centre Jean-Daigle m’a donné l’occasion de le constater encore une fois. Deux personnalités très différentes me viennent à l’esprit spontanément pour illustrer ce point. Curieusement, elles portent toutes les deux le prénom de Jean. Pour le bénéfice de mon propos, je vais les appeler Ti-Jean (en réalité c’est vraiment comme ça que nous l’appelions lorsque j’étais jeune) et le Grand Jean.

Y’a d’abord Ti-Jean. Jean Desroches était son nom complet. Ti-Jean a vécu à Edmundston de sa naissance en 1954 jusqu’à son décès en 2007. Ti-Jean était trisomique, ou, si vous préférez, il était atteint du Down Syndrome comme on dit communément.

ti-jean-1979Ti-Jean était un rayon de soleil au cœur de la communauté d’Edmundston-Est en particulier. J’étais enfant à l’époque. Son souvenir est demeuré très vif dans mon esprit. Ti-Jean était partout. On le voyait régulièrement se promener aux abords de la salle « Le Mur » avec ses inséparables « bâtons de drums ». Il imitait les joueurs de batterie en activant ses baguettes tout en marchant. Il chantonnait des airs de rock & roll à voix haute. Il souriait toujours. Tout le monde l’aimait et le protégeait.

De plus, Ti-Jean était un amateur inconditionnel de sport… surtout le softball, le baseball et également le hockey. Il n’y avait virtuellement aucun événement sportif en ville sans que Ti-Jean y soit présent. Il saluait les gens, administrait une petite tape sur l’épaule ou racontait des blagues en s’éclatant d’un rire contagieux. J’entends encore son rire caractéristique comme si c’était hier.

Le diminutif « Ti-Jean » porte à croire qu’il n’était peut-être qu’un tout petit morceau de la communauté. C’est la perception qui peut se dégager lorsque l’on mesure la place d’une personne dans la société en rapport à ses exploits antérieurs, à son pouvoir économique ou politique, à la place qu’elle occupe dans les médias, etc. Oui, Ti-Jean était unique. Il représentait un élément parmi la variété de personnes que l’on retrouve dans une communauté.

Mais, chose certaine, il en faisait partie et il contribuait à la vie et à l’identité de la communauté. Il en était un morceau inséparable. La communauté le protégeait et le faisait grandir. Au Centre Jean-Daigle, la fin de semaine dernière, Ti-Jean aurait été là avec nous. En fait, je pense qu’il y était sûrement à sa façon.

jean-ceremonieEt puis, il y a Grand Jean. Jean Daigle est son nom au complet. Jean mesure plus de 6 pieds et il est charpenté comme une armoire à glace. Il a connu des exploits sportifs de haut niveau, le conduisant même aux portes de la Ligue nationale de hockey.

C’est un homme d’affaires à succès qui a bâti une entreprise d’envergure qui a fait vivre plusieurs familles de notre ville au fil du temps.

Respecté pour son sens des affaires impitoyable, il a sûrement été craint par d’autres, car c’est un monde compétitif où même si on respecte les règles du jeu, certains gagnent et d’autres perdent.

Homme de peu de mots, Jean est empreint d’une grande simplicité. Il a passé plus souvent qu’autrement inaperçu dans le paysage communautaire. Il a rarement été placé sous le spotlight pour ses accomplissements.

Contrairement à Ti-Jean, Jean Daigle était quant à lui bien présent dans l’amphithéâtre communautaire toute la fin de semaine dernière. Certes, c’est en partie en raison du généreux don que lui et son épouse ont accordé pour la construction du centre qui porte son nom. Mais il n’était pas là pour cette unique raison.

Toute la fin de semaine, il m’a répété à quel point il était heureux de voir les visages souriant des milliers de personnes de la communauté qui admiraient les installations et exprimaient leur fierté devant le résultat de ce projet.

Jean est humble malgré l’importance de sa contribution dans ce projet. Il reconnaît qu’il l’a fait pour l’intérêt commun de tous et toutes. Grand Jean peut aussi chausser les souliers d’un Petit Jean.

Et puis il y a eu ce moment de grâce. Je suis au centre de la patinoire. J’attends pour effectuer la première mise au jeu protocolaire de l’histoire de ce bâtiment. L’annonceur invite Jean Daigle à se rendre au centre de la glace pour me joindre. Il s’engage sur le tapis rouge. Il franchit la distance au rythme des applaudissements qui naissent.

Tout à coup, spontanément, les 2600 personnes présentes se lèvent pour l’ovationner longuement, chaleureusement, généreusement. L’émotion fabrique un nœud dans ma gorge. Son visage à ce moment restera gravé dans ma mémoire au même titre que le sourire du Ti-Jean d’autrefois.

Fierté, peut-être. Humilité, sans doute. Ti-Jean d’autrefois devenait un Grand Jean grâce à l’amour et à la protection que lui procurait sa communauté. Homme effacé, Grand Jean d’aujourd’hui se sentait sans doute à l’étroit, peut-être comme un Petit Jean, devant une telle manifestation d’amour et de reconnaissance témoignée samedi soir.

On dit qu’une communauté, c’est un groupe de personnes qui possèdent et jouissent de façon indivisible un patrimoine qu’elles ont en commun. Tout ça, c’est notre patrimoine. Il n’est jamais aussi beau et fort de nature que lorsque tous les Ti-Jean et les Grand Jean font preuve de générosité et travaillent ensemble au-delà de leurs différences apparentes.

Oui, Ti-Jean était là ce samedi soir avec Grand Jean sur la patinoire.

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